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« Toute l'actualité du Racing Club de Strasbourg Alsace vue par ses supporters »
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 [Ex] Oscar Heisserer 
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Il fête ses 90 ans le 18 juillet. Article sur lui dans les Dna "papier" de ce jour.


18 Juil 2004 11:53
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Oscar Heisserer fête son 90e anniversaire en ce 18 juillet. Il restera sans doute pour l'éternité le plus grand joueur que l'Alsace ait produit au cours du XXe siècle.

L'un des plus grands champions alsaciens du XXe siècle, toutes disciplines confondues, devient aujourd'hui nonagénaire. On ne dirait pas, tant son esprit demeure vif, même si, comme il dit, « les jambes (le) préoccupent et que (sa) canne est devenue sa meilleure amie ».
Deuxième, derrière Ignace Heinrich (athlétisme), devant Roger Hassenforder (cyclisme) et Roxana Maracineanu (natation) au classement des DNA des sportifs alsaciens du siècle dernier, Oscar Heisserer porte, du haut de ses 90 ans, un regard lucide, attendri mais sans concession, sur le football qui reste sa dévorante passion.

« On est vite oublié »

Bien sûr, aux jeunes qui le croisent à  Koenigshoffen, au stade Charles-Frey, dont il est aujourd'hui encore l'un des familiers, sa silhouette trapue n'évoque plus, au mieux, qu'une très lointaine icône. « Oh, vous savez, une fois la carrière terminée, on est vite oublié, soupire-t-il sans la moindre amertume. A fortiori des anciens comme moi... »
De l'amertume, en revanche, il en nourrit à  l'encontre d'un club comme le Racing et du peu de cas qu'il manifeste à  l'égard de ses ex-serviteurs. « Personne, grommelle-t-il, n'est venu assister aux obsèques d'un Emile Scharwath ou d'un Elek Schwartz, deux joueurs ayant marqué l'histoire du club, surtout Elek, avec lequel j'ai disputé la finale de la Coupe de France 1937 et que l'on était venu sortir, en 1977, de sa retraite d'entraîneur de renom pour hisser le Racing en 1re division. C'est triste. »

Années volées

Lui-même ne se rend plus guère à  la Meinau où, en provenance de son Schirrhein natal, il a fait ses débuts pros. C'est pourtant sous le maillot du Racing qu'il a vécu ses premières grandes émotions. « La finale perdue de la Coupe 1937 m'aura marqué, avoue-t-il. Mais avec le temps je suis devenu philosophe. Il faut un gagnant et un perdant... » Les trois finales (1939, 40 et 45) qu'il a ensuite remportées avec le RC Paris devenu son club en 1938 l'auront sans doute aidé à  surmonter la déception de l'échec initial.
Plus difficile à  évacuer, c'est ce satané conflit mondial qui, s'emporte-t-il, lui a « volé (ses) meilleures années ». Il avait 25 ans quand la guerre a éclaté. Comme tous ces jeunes de sa génération sacrifiée, il n'a retrouvé les terrains qu'à  30 ans. Combien de titres, de sélections en équipe de France (il en compte 26, la première en 1937, la dernière en 1948) se sont-ils évanouis dans le désastreux fracas des armes ?

« L'âge de pierre »

Il en sourit, fataliste. « C'est le grand regret de ma vie, sussure-t-il. Je n'avais pas d'ambition démesurée, mais voulais monter haut. On peut perdre, mais dignement. Sur un terrain, moi j'ai toujours tout donné. »
C'était sa « marque de fabrique ». Aujourd'hui encore il est « sans pitié » pour un type qui ne « joue que sur ses qualités ». « Ça ne suffit pas », lâche-t-il, catégorique. Voilà  pourquoi il admirait le grand Alfredo Di Stefano, pourvu comme lui de trois poumons. Voilà  pourquoi il admire un joueur comme Patrick Vieira. « Par sa rage de vaincre, son engagement permanent, il me ressemble un peu, estime-t-il, même s'il est impossible de comparer les deux époques. La mienne, c'était l'âge de pierre du football... »

« Une vie simple »

Devenu entraîneur à  Lyon (entre 1949 et 55) une fois son immense carrière terminée, c'est lui qui gonflait et graissait les ballons (vous imaginez Wenger, Halilhodzic ou Le Guen soumis à  ce genre de corvée). Oscar Heisserer n'a pourtant pas insisté. « J'ai arrêté après mon expérience lyonnaise, rappelle-t-il. Beaucoup de choses, de joueurs, m'ont déçu. Peut-être leur demandais-je trop. » « Et puis, concède-t-il, je n'avais pas le virus. Je n'étais pas fait pour ça. »
Lui, il est fait pour la « vie simple, sans grands besoins ». àŠtre chouchouté par ses trois filles Carine, Francine et Danièle (« elles sont formidables ») lui suffit. Depuis qu'il a perdu son épouse, c'est son grand bonheur avec les livres dont il est un friand consommateur (« je suis féru d'histoire »). Avec le football aussi, bien sûr, dont il reste passionné.

Le héros de Wembley

Un bémol toutefois : « Quand je vois tout ce business avec et autour du foot..., soupire-t-il. D'accord, j'ai bien gagné ma vie. Mais jamais au cours de ma carrière un club ne m'aurait offert un survêtement. Jamais je n'aurais pu m'arrêter de travailler une fois remisées mes chaussures à  crampons. Les stars d'aujourd'hui, sans rien faire, pourraient faire vivre leurs familles pendant trois cents ans. »
Oscar Heisserer restera pour l'éternité le premier à  avoir privé de victoire l'Angleterre sur ses terres. « Oui, se souvient-il. Elle avait, depuis la naissance du foot, toujours gagné ses matches à  Wembley. En ce 26 mai 1945, au lendemain de la Libération, elle mène 2-1 contre la France quand j'égalise à  la 89e'. Les paras français stationnés à  Londres, venus supporter l'équipe tricolore dont j'étais le capitaine, m'ont porté en triomphe. Emotionnellement, bien plus que les souvenirs laissés par la Coupe du monde que j'ai disputée en 1938, ce moment-là  restera le plus fort de ma carrière. »
A Wembley, pour la France entière, il avait été un héros.

Image
Oscar Heisserer: «Avec le temps je suis devenu philosophe. Il faut un gagnant et un perdant... »(Photo DNA - Jean-Christophe Dorn)


Et puis une photo que j'avais sur l'ordi :


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18 Juil 2004 16:09
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En ce 26 mai 1945, au lendemain de la Libération, elle mène 2-1 contre la France quand j'égalise à  la 89e'. Les paras français stationnés à  Londres, venus supporter l'équipe tricolore dont j'étais le capitaine, m'ont porté en triomphe. Emotionnellement, bien plus que les souvenirs laissés par la Coupe du monde que j'ai disputée en 1938, ce moment-là  restera le plus fort de ma carrière. »
A Wembley, pour la France entière, il avait été un héros.


cela devait être terrible !


18 Juil 2004 16:11
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J'ai un article sur heisserer dans un supplément de sport alsace foot (2000), où Oscar expliquait que les anglais avaient été tellement véxés par ce match nul qu'ils ne l'ont jamais fait comptabiliser. Ce qui fait qu'en vérité heisserer a 26 selections en équipe de France et 9 buts et non pas 25 pour 8 buts.


18 Juil 2004 16:14
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« Personne, grommelle-t-il, n'est venu assister aux obsèques d'un Emile Scharwath ou d'un Elek Schwartz, deux joueurs ayant marqué l'histoire du club, surtout Elek, avec lequel j'ai disputé la finale de la Coupe de France 1937 et que l'on était venu sortir, en 1977, de sa retraite d'entraîneur de renom pour hisser le Racing en 1re division. C'est triste. »

c'est quand même lamentable non ?


18 Juil 2004 18:36
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c clair c pas tres ca au niveau de la reconnissance... Maintenant si ct à  l'époque Mac Cormak c normal vu que tout était nul sous cette ère!!! Maintenant si c sous l'ère Keller je serais vraiment déçu... :cry:

Qui pourrait dire en quelle année ce malheureux événement c produit?[/quote]

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18 Juil 2004 20:44
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Keller était déjà  là . Mais Proisy peut être encore aussi.

Voilà  aussi un petit article sur Stojaspal pour lequel personne ne s'est non plus déplacé suivi d'une photo d'Elek Schwartz :

Ernst Stojaspal, qui est décédé à  77 ans mardi à  Moulins-lès-Metz où il vivait une retraite discrète et effacée, était un des grands joueurs européens qui ont marqué l'histoire du Racing. Comme Ossi Rohr, le buteur légendaire, Paco Mateo, autre artiste, et plus tard le virtuose Yvan Osim, son nom restera gravé dans la mémoire collective du club. Stojaspal est venu à  Strasbourg après la Coupe du Monde 1954, jouée en Suisse, où il avait atteint les demi-finales avec l'équipe d'Autriche. C'est Willy Scheuer, président du comité de gestion, qui a réussi ce transfert surprenant et complètement inattendu. Avec Stojaspal, le Racing devait longtemps jouer le titre cette année-là , avant de terminer 4e derrière Reims, Toulouse et Lens. Le magicien autrichien allait rester trois saisons à  Strasbourg, inscrire une quarantaine de buts avant d'évoluer à … Béziers, Monaco et Metz. Comme tous les grands joueurs de talent, il a rayonné sur tous ceux qui évoluaient autour de lui, en particulier Lucien Muller et Jean Wendling, les deux grands espoirs du Racing, futurs piliers de l'équipe de France.
« Le ciel est pour les avions »
Jean Wendling, qui s'était stabilisé au poste d'arrière-droit, se rappelle avec humour : « Ernst, c'était l'image de l'anti-athlète, souriant, sympa, agréable à  vivre, qui ne payait pas de mine. Mais dès qu'il avait un ballon dans les pieds, il était un autre homme. Un technicien magique, à  la vision du jeu exceptionnelle. Dégager le ballon à  50 mètres, comme les arrières en étaient cotumiers à  l'époque, était interdit. " Le ciel, disait-il, est pour les avions. Le football se joue au sol. " Personnellement, il m'a appris la finesse de jeu. Lucien qui était déjà  un très bon footballeur, formé par Paco Matéo, a littéralement éclaté aux côtés de l'héritier du Wunderteam qu'était Stojaspal. Il jouait tout en finesse, en déviation avec un sens inné de l'efficacité offensive. À la hongroise, en quelque sorte. » René Hauss, autre grand témoin de l'époque, a également été marqué par l'immense talent de Stojaspal. Mais c'est aussi l'homme fidèle en amitié, amoureux de la vie, qui lui a laissé une empreinte indélébile : « La première surprise passée, nous avons découvert un compagnon charmant, toujours prêt à  plaisanter, un joueur passionné, de cartes notamment, un copain formidable et un équipier épatant qui tirait toute l'équipe vers le haut. Sans frappe de balle franche, Ernst était un buteur d'instinct sachant garder le ballon et semer la panique dans les défenses adverses avec ses feintes irrésistibles, ses balles brossées et précises. En plus de sa virtuosité individuelle, il avait le sens du collectif et s'engageait en toute circonstance pour le bien de l'équipe ». Jean Wendling évoque, lui aussi, le caractère fleur bleue et le cœur tendre de « Stosi » : « Quand Lucien et moi sommes passés à  Toulouse, il est venu jouer contre nous. C'était autour de Noël. Avec tristesse, il se souvenait alors de sa famille laissée en Autriche. Le soir, il avait volontairement raté le train du retour de son équipe, pour passer les fêtes de Noël avec Lucien et moi, et retrouver ainsi une chaleur familiale qui lui manquait cruellement. La larme à  l'oeil, il évoquait ses souvenirs de jeunesse. Tel était Ernst Stojaspal, grand footballeur au coeur tendre, dont le talent et le style peuvent difficilement être comparés avec ceux de joueurs d'aujourd'hui. Si j'osais, je dirais que, tout comme Mateo, Ernst était un peu le Zidane du Racing… »


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18 Juil 2004 23:10
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Message 
Alsacien2 a écrit:
« Personne, grommelle-t-il, n'est venu assister aux obsèques d'un Emile Scharwath ou d'un Elek Schwartz, deux joueurs ayant marqué l'histoire du club, surtout Elek, avec lequel j'ai disputé la finale de la Coupe de France 1937 et que l'on était venu sortir, en 1977, de sa retraite d'entraîneur de renom pour hisser le Racing en 1re division. C'est triste. »

c'est quand même lamentable non ?

On peut pas dire qu'au Racing ils soient forts en relations publiques meme encore à  l'heure actuelle. :?

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19 Juil 2004 11:39
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Oscar Heisserer, seul alsacien capitaine de l'équipe de France, est décédé. Il avait fêté ses 90 ans en juillet.

:cry:


7 Oct 2004 17:26
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Message 
Triste nouvelle en effet. :cry:

RIP.

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7 Oct 2004 17:54
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